des Emotions et des Mots

Décryptage d’une séance de CPA
(En rouge, le texte pédagogique, en noir, le texte de CPA proprement dit, produit par la patiente par mon intermédiaire)

Afin d’être la plus didactique possible et pour éclairer les plus sceptiques d’entre vous sur le procédé, je vais vous décrypter une séance de communication profonde accompagnée et les phases de production du texte d’une patiente.

EXEMPLE N° 2

La patiente en veut à la petite fille qu’elle fut de ne pas avoir réalisé ses rêves, ses projets, lui reproche la mollesse de ses actions et pense qu’il y a un lien avec sa procrastination du moment. En fonction de nos échanges, je lui propose le questionnement (problématique) suivant qu’elle valide :
Problématique : « comment accepter la petite fille que j’étais et accepter ses non-prises de position pour pouvoir réaliser aujourd’hui ce qu’elle n’a pas réalisé hier ? »

Mot-clef (dans notre jargon, c’est le premier mot qui nous arrive) : fatigue

La petite fille que j’étais, était fatiguée, trop fatiguée pour tout faire. Elle n’avait pas le tonus nécessaire pour faire tout ce que son cœur lui dictait, elle a fait ses choix comme elle a pu, en toute conscience. Ne lui en veux pas !
Elle s’est donné à fond mais ça a lâché ! C’était trop, elle s’en est voulu Rappelle-toi ! Mais garde lui ta bienveillance. Ouvre-lui ton cœur
Elle a ébauché des choses que tu réaliseras mieux aujourd’hui dans la maturité, elle t’a ouvert la route, tu auras plus de facilités et tu pourras la remercier.
Nous faisons une première pause, je lis le texte produit par mon intermédiaire à haute voix. La patiente valide mes écrits. Ils lui parlent et évoquent bien des choses pour elle .Je lui demande si elle veut continuer dans un axe précis en fonction de ce qui a été écrit. Elle désire que l’on insiste sur :
Fatigue, tonus (je reprends la main de la patiente, la frappe recommence)
Je lutte contre l’épuisement de mon corps, je ne veux pas l’écouter comme la petite fille qui en faisait trop ; cette expérience ancienne doit me servir. « Ecoute ton corps Marie » doit être mon leitmotiv quotidien : je dois m’autoriser à être fatiguée, à manquer de jus ! Ce n’est pas la mort ! Juste une pause ! Sois bienveillante avec toi-même, respecte-toi, entends-toi !
Tu n’as rien à perdre et tout à gagner, personne ne t’oblige à te mettre la pression, personne ne te demande l’impossible, ils t’aiment tous .Respecte-toi pour durer ! C’est tout ce qu’ils te demandent (« ils » : tes enfants, ton mari, ta famille, tes amis, tous ceux que tu aimes et qui t’aiment)

Il est temps pour toi de t’accorder des choses à faire pour toi et ne pas t’obliger à toujours servir les autres.

Je ressens à nouveau une baisse d’énergie dans la main qui entraîne un arrêt de la frappe sur le clavier. Nouvelle pause, nouvelle validation, on repart sur le mot « jus »

Jus, Justin, mon Justin, notre Justin… tu es là au fond de mon cœur, notre cœur, même si cette mort** des mortels nous a séparés, permets-moi de vivre sans remord, sans réticence, sans complexe et si je fais des pirouettes autour du jus, du manque de jus, c’est que j’essaie de m’autoriser à vivre et je dois cesser de penser « manque de jus, baisse de bonus : mort pour moi »

Non ! Au fond de moi je sais que tu m’autorises mais moi je dois l’accepter ! Merci Justin! Merci !

* : Afin de respecter le secret professionnel, je déclare que la patiente a accepté que son texte soit produit sur mon site dans un but didactique et que les prénoms ont été changés

** : La patiente a perdu récemment accidentellement un jeune membre de sa famille

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